Marguerite Beaufort : la mère des Tudors
- rebecca DEGEETERE

- 2 févr.
- 3 min de lecture
Marguerite Beaufort ne devint jamais reine d’Angleterre.
Et pourtant, son destin a façonné le cours de l’histoire. Grâce à elle, la dynastie des Tudors vit le jour et, quelques décennies plus tard, Elizabeth Ière régnera sur un royaume transformé. Sa vie est un exemple de courage, de résilience et d’intelligence politique, et pourtant, elle reste souvent méconnue.

Naissance et héritage : un destin tracé dès l’enfance
Nous sommes en mai 1443, dans le château de Bletsoe, dans le Bedfordshire. Marguerite naît fille unique de John Beaufort, duc de Somerset, et de Margaret Beauchamp. Par son père, elle descend directement des Plantagenêts : un sang royal ancien, mais un héritage qui la place dès sa naissance au cœur d’un monde instable, marqué par la guerre des Deux-Roses et les luttes de pouvoir incessantes.
À seulement un an, Marguerite perd son père. Elle devient alors l’unique héritière de sa lignée. Dès l’enfance, son éducation est exceptionnelle : elle apprend non seulement la lecture, l’écriture et la religion, mais aussi l’art de la stratégie politique et de la négociation. Ces connaissances seront plus tard des atouts essentiels pour préparer le futur de son fils.
Une jeunesse entre mariages précoces et maternité
À l’âge de sept ans, Marguerite est fiancée à Edmund Tudor, demi-frère du roi Henri VI. Le mariage est consommé quelques années plus tard, et Marguerite devient très jeune mère. À seulement treize ans, elle met au monde Henri, celui qui deviendra Henri VII. Pour l’époque, c’est un événement extraordinaire : un enfant appelé à réconcilier des familles et des maisons rivales.
Mais la vie de Marguerite est semée d’embûches. Veuve très jeune, elle se remarie à quatorze ans avec Henry Stafford. Cette union est courte et tragique : de nouveau veuve, Marguerite doit faire face à l’hostilité et aux dangers de la cour anglaise. Pour protéger son fils et son héritage, elle décide de l’envoyer en exil en Bretagne, loin des intrigues et des menaces qui pèsent sur sa lignée.
Marguerite stratège : préparer le trône dans l’ombre
La vie de Marguerite n’est pas seulement celle d’une mère : c’est celle d’une stratège. Elle épouse Thomas Stanley, puissant noble du nord-ouest de l’Angleterre, et tisse patiemment un réseau d’alliances et de soutiens pour préparer le retour de son fils sur le trône.
En 1483, l’histoire prend un tournant dramatique. Le roi Édouard IV meurt, et ses deux fils disparaissent mystérieusement. Richard III s’empare du trône, plongeant le royaume dans la confusion. Marguerite saisit l’occasion. Elle s’allie à Elizabeth Woodville, mère des princes disparus, et organise en secret le retour d’Henri Tudor.
La bataille de Bosworth et l’unification des maisons
Le 22 août 1485, Henri Tudor affronte Richard III à la bataille de Bosworth. La victoire est décisive. Henri devient roi et, quelques mois plus tard, épouse Elizabeth d’York. Cette union symbolise la fin de la guerre des Deux-Roses et le début de la dynastie Tudor.
Marguerite, désormais mère du roi, joue un rôle central. Conseillère avisée, elle guide son fils dans ses décisions, veille à la stabilité du royaume et soutient le développement intellectuel et culturel, notamment à Cambridge. Sa voix, toujours prudente mais influente, façonne l’avenir de l’Angleterre.
L’héritage de Marguerite Beaufort
La vie de Marguerite Beaufort est un exemple de courage et de détermination. Elle a su naviguer dans un monde dominé par les hommes, entre guerres, intrigues et mariages précoces, pour garantir l’avenir de son fils et la survie de sa lignée.
Sans elle, les Tudors n’auraient jamais existé. Elizabeth Ière n’aurait jamais régné. Marguerite, mère, stratège et mécène, demeure une figure emblématique de l’Angleterre médiévale, une femme dont l’influence se mesure non pas par un trône, mais par l’histoire qu’elle a contribué à écrire.
Anecdotes et aspects méconnus
• Marguerite fut connue pour sa piété et ses dons à l’église, finançant chapelles et universités, tout en consolidant son influence politique.
• Elle gérait ses finances avec une habileté rare pour l’époque, ce qui lui permit de soutenir son fils dans ses campagnes politiques.
• Elle n’a jamais cherché à régner elle-même, mais a œuvré dans l’ombre, transformant chaque difficulté personnelle en opportunité pour sa famille.
Si tu as aimé cet article, laisse un commentaire et partage .
Rebecca
_edited_edited_e.png)



Commentaires